Maiougui - lien familial - Photo d'une mère et ses enfants en visio avec le père

Comment vivre le départ professionnel de son ou sa conjoint(e) ? 3 femmes et 1 homme témoignent !

L’équipe Maiougui est allée à la rencontre de trois femmes, épouses et mamans qui ont vécu l’absence ponctuelle de leurs maris. Elles vous partagent ici, leurs expériences, conseils et anecdotes…

 

Partie 1 : Témoignages femmes
Partie 2 : Témoignage homme

 

    Quelle est votre situation familiale ?

      Sophie :

      Je m’appelle Sophie et je suis mère de quatre enfants de 2 ans à 14 ans ! Je suis chargée de développement et mon mari part pour de longs déplacements professionnels à l’étranger.

       

      Camille :

      Aujourd’hui, nous ne vivons plus de départs professionnels, nos cinq enfants ont grandi et ont même quitté le nid afin de mener leurs vies, mais…c’est un autre sujet !

      Lorsque mon mari naviguait à bord des sous-marins, j’étais mère au foyer à plein temps ! Notre vie était rythmée par des absences particulières : impossible de communiquer et pas de destination dévoilée pour des raisons de confidentialité. Le jour du départ, nous nous disions « à demain » ! Un «demain » qui arrivait deux mois et demi plus tard.

      Marion :

      Marion, mère au foyer, mariée avec Alexandre, salarié et amené à effectuer des déplacements professionnels.



        Comment vivre les quelques jours avant le départ de son conjoint ?

         

        Sophie : C’est une période que je trouve difficile. Il faut réfléchir à la nouvelle organisation du quotidien pour que l’absence se passe le mieux possible tout en essayant de profiter un maximum de ces derniers moments. Souvent il y a des tensions familiales. Je n’ai pas envie qu’il parte, je suis stressée de savoir que je vais devoir tout gérer, j’ai parfois envie d’être à sa place et en même temps il me manque déjà ! Nos enfants réagissent différemment. L’aînée a le cafard et répète mille fois : Pourquoi tu pars ? Tu es obligé ? Notre deuxième se renferme un peu sur elle et les derniers sont assez stressés, énervés et collent leur père. Mon mari trouve ça également difficile, il essaye de faire le plus de choses avant le départ pour me faciliter la vie et essaye de profiter de ses derniers jours pour renouer les liens familiaux!  

        On organise souvent un moment de qualité tous ensemble où les enfants peuvent poser toutes les questions qu’ils se posent sur cette absence ponctuelle ! C’est aussi une manière de créer un nouveau souvenir. On prévoit également tout ce qu’on fera lorsque nous serons à nouveau réunis ! Lors du dernier départ, j’avais organisé un super dîner avec nos enfants et lorsque j’ai apporté le plat sur la table, tous nos enfants ont explosé en larmes ! Très sympathique ! Pour autant le reste du dîner était super sympa car je pense que c’était nécessaire que ça sorte !

         

        Camille : Dans ce contexte-là , l’approche d’un départ nous demandait toujours un temps de préparation afin de « lisser » cet événement et de le faire vivre le plus légèrement possible à nos enfants.

        Mon conjoint et moi, choisissions de leur annoncer le départ lors d’un moment calme. Par exemple, lors d’un repas où nous étions tous réunis et posés ! Nous leur annoncions une semaine à 10 jours avant qu’il n’arrive.

        Les jours qui précédaient le départ, je sollicitais les enfants afin qu’ils préparent des petits cadeaux non volumineux pour que leur papa puisse les emporter et les ouvrir au fil des semaines. Nous avions déterminé que tous les dimanches, un petit cadeau serait ouvert afin d'être un vrai relais parent enfant. Un moyen d’égayer et de rythmer l’absence tout en restant « connecté » avec la maison bien qu’étant en mer !

        Les enfants étaient toujours très partants pour cette activité qui les aidait à bien prendre conscience du départ annoncé. Ils l’intégraient doucement. Ils ne subissaient pas la situation grâce à ces petits bricolages destinés à faire plaisir, resserrer les liens familiaux et à améliorer le quotidien de leur père une fois embarqué pour de longues semaines.

        Ces préparatifs permettaient également de sortir le calendrier et de compter le nombre de dimanches et par-là même, le nombre de cadeaux à préparer. Les enfants dressaient des listes d’idées parfois si longues qu’il nous fallait voter pour choisir laquelle serait retenue ! Ces préparatifs généraient beaucoup d’excitation. Le jour du départ, ils offraient leur petit sac de surprises numérotées ( nous gardions une liste pour savoir le jour « j » ce que  le papa allait découvrir ! Toute une organisation !!!) À réception du « trésor», le papa faisait des « Oh ! » et des « Ah !». Ils remerciait les enfants pour toutes ces douceurs ! Cela finissait en gros câlins ! Nos enfants étaient fiers et heureux. Ce petit « pochon » de surprises en papier n’était pas rien ! Il constituait le premier lien, très précieux, qui allait les relier chaque dimanche à leur père comme un atelier parent enfant ! Les enfants regardaient sur la liste quel cadeau leur Papa ouvrait et ils imaginaient sa réaction. Cela nous faisait partager un moment commun à tous autour de ce petit présent ! (Mon mari, avant le départ, prévoyait, lui aussi, des petites surprises, des cartes postales, pour les enfants que je distribuais au fil du temps.)

        Avant de partir, les enfants coloriaient les semaines d’absence; une couleur différente par semaine. Nous ne connaissions pas le jour du retour mais comptions au plus large !

        Maiougui - Image d'une horloge et d'un calendrier - lien familial


        Je n’ai pas tout de suite mesuré l’importance de ces « astuces » mises en place mais j’ai la conviction qu’elles ont contribué à adoucir les absences répétées et ont préservé le lien familial souvent affecté par ces « ruptures » de rythme.

         

        Marion : Alexandre rentre tard le soir. S’il n’est pas trop tard, c’est une soirée agréable qui nous permet de nous retrouver. Bien souvent les enfants ont école le lendemain mais il est difficile de les coucher car ils veulent profiter de leur papa.

        Chacun veut prendre la parole et raconter sa semaine. Un des enfants est toujours plus effacé et n’arrive pas à prendre la parole dans toute cette cacophonie. Pour d’autres, il faut se remémorer la semaine pour ne rien oublier, chaque évènement sera raconté en détail.

        Le samedi est une journée intense, les trajets pour les activités des enfants nous occupent une bonne partie de l’après-midi. Chacun veut profiter d’un moment seul avec son papa et lui poser plein de questions. Où dort-il le soir ? A quoi ressemble son bureau ? Alexandre a bien conscience qu'être un père absent apporte son lot de question !

        La soirée du samedi est plus apaisée, mais nous évitons de penser au lendemain. Bien souvent, Alexandre reçoit une tonne de dessins et de mots doux qu’il devra emporter avec lui.

        Le dimanche est une journée que nous n’aimons pas, il faut refaire la valise et nous comptons les heures avant cette nouvelle séparation.



          Le jour du départ professionnel :

            Maiougui - lien familial - Photo d'un homme en déplacement professionnel

            Sophie : Le jour du départ, il y a une ambiance assez lourde et la séparation devient concrète ! les ventres sont noués, les enfants sont tristes et on aimerait vite que le départ soit déjà derrière nous ! Dès que mon mari franchit le pas de la porte, je dois consoler mes enfants qui ont comme un sentiment d'abandon et le quotidien reprend le dessus : trajets, école, travail …Pour autant une sorte de vide m’habite et j’ai l’impression d’être sur la ligne de départ d’un marathon où il va falloir que j’arrive à concilier ma vie pro et perso ! 


            Camille :  Malgré tous nos efforts, le jour du départ a toujours été un jour sans saveur ! Souvent, le jour du départ avait lieu le dimanche. Nous allions sur le port conduire le papa au bateau, appelé « transrade » qui allait le mener au sous-marin. Nous nous disions au revoir sur le quai puis agitions les mains avec d’autres familles tout en regardant s’éloigner le bateau. À ce moment-là, les larmes coulaient… Une fois dans la voiture, nos cinq enfants craquaient ! Entre leurs pleurs entremêlés, je tentais de dédramatiser en leur rappelant que leur papa exerçait son métier et que nous avions beaucoup de choses à faire en attendant son retour ! Je dois bien avouer qu’à ce moment précis, j’avais tout comme eux, la gorge nouée avec ce sentiment de solitude et d'abandon

             Le jour du départ pèse lourd comme une grosse pierre et je n’ai rien trouvé pour le rendre plus léger … Mais pour positiver gardons en tête qu’il marque le début de notre cheminement vers le RETOUR !!!


            Marion : Le départ est toujours difficile, il ne faut rien oublier de se dire jusqu’à la semaine prochaine. Par téléphone, ce n’est pas pareil.


              Pendant l'absence : les moments compliqués, les moments plus faciles, des anecdotes, conseils…


                Sophie :  Le plus difficile est la première semaine, car il faut qu’on s’adapte tous à cette nouvelle vie alors qu’il y a encore la présence de l’autre comme un pull sur un fauteuil, son odeur sur son oreiller. On a l’impression que le temps ne passe pas et on se sent seule !

                Il y a également une certaine pression car on a seule la responsabilité des enfants et on devient le principal réceptacle des soucis, chagrins, inquiétudes, joie, anecdotes de ses enfants !

                Après les premiers jours, le quotidien reprend le dessus, on se pose plus trop de questions et on avance ! On redécouvre aussi les joies d’être seule !

                En fonction des âges de nos enfants, la perception du temps n’est pas la même et peut être difficile. Lorsqu’une de mes filles avait trois ans, mon mari est parti six mois et au bout d’une semaine elle m’a dit que c’était passé vite et qu’elle avait hâte d’être ce soir pour lui faire un câlin ! Quelle déception, quand je lui ai dit qu’elle avait confondu jours et mois !

                En général, pendant l’absence, il y a toujours une journée où l’on enchaîne les galères : voiture qui ne démarre pas, enfants malades, clé oubliée à l’intérieur de la maison bref c’est ce que j’appelle la journée à la logique d’emmerdes maximum !

                Ce que je trouve le plus difficile, c’est de concilier vie pro et vie perso et le manque de sommeil. Avoir un père absent veut dire qu'on est seule à se lever la nuit pour s’occuper du dernier, ou des enfants malades mais le matin il faut être au taquet et assumer sa journée ! Lors d’une absence de mon mari, mon dernier enchaînait les bronchiolites et il m’arrivait d’enchaîner des nuits avec trois, quatre heures de sommeil en moyenne ! Cela dit le corps humain est fascinant et s’adapte !

                Si j’avais des conseils : n’hésitez pas à demander de l’aide ponctuelle à votre famille ou à vos amis. Organisez-vous une vie sympa avec des moments de qualités avec vos enfants, vos amis et prenez aussi du temps pour vous !

                 

                Camille : Une fois le départ vécu, nous déroulions le quotidien : école, activités…

                Le rituel du bisou du soir présentaient toutefois quelques modifications. Papa pas là, les enfants piochaient dans un sac à dos des bisous invisibles. Mon mari avait pris soin de les y déposer avant son départ. Un sac à dos dans lequel il avait fait des bisous sous les regards intéressés des cinq enfants.

                Dans ce sac vide, se trouvait une réserve infinie de bisous qui se rechargent sans fin ! Des bisous à volonté ! Quel trésor ! Les petites mains plongeaient chaque soir dans ce sac et attrapaient des bisous réconfortants. Des bisous qui, l’air de rien, font que les nuits sont douces et aident à lutter contre ce sentiment d'abandon!

                Même un sac vide peut se voir attribuer des pouvoirs extraordinaires ! Tout est dans le symbole et l’histoire que l’on raconte. Ce petit sac a consolé bien des chagrins ! Il contenait des bisous à croquer (mes enfants faisaient semblant de les manger), des bisous feu d’artifices (un bisou pioché pouvait inonder la pièce)… Un sac très utile et qui faisait marcher leur imagination !

                L’absence pouvait peser davantage lors des fêtes comme Noël. Papa manquait terriblement. Je racontais aux enfants comment leur papa allait vivre cette fête à bord. On imaginait des scénarios incroyables ! Durant les fêtes, nous étions bien entourés. La présence de la famille était un grand réconfort pour moi et les enfants.

                Durant la période d’absence, j’avais le sentiment d’enchaîner les « petits événements » : un goûter d’anniversaire, des amis à déjeuner, des balades au parc avec des amis, une visite au musée, un ciné, l’arrivée des grands-parents, des oncles et tantes et des cousins… Il me semble que je remplissais le temps afin qu’il passe plus vite !

                Durant l’absence du père, je devais tout gérer ! Les petits tracas d’une maison, les pannes de voiture et toutes les surprises que la vie peut nous réserver. Impossible de me confier à mon mari puisque nous ne pouvions pas communiquer. Dans certaines circonstances, il m’arrivait de me demander ce qu’il aurait bien pu dire ou faire ! Mais au final, il me fallait trancher ! Le manque d’échange a souvent été difficile.

                Les familles de sous-mariniers peuvent envoyer 40 mots par semaine vers le bateau. 40 mots de « bonnes nouvelles » uniquement, appelés un « famili » ! Ces « famili » ont vocation de maintenir le bon moral des marins embarqués et d'entretenir le lien familial. Les familles ne reçoivent jamais de réponse en retour. J’envoyais le mien chaque semaine.

                Pour combler ce manque, je tenais un journal dans lequel je racontais ce que nous faisions et les enfants y collaient des photos de nos sorties. À son retour, mon mari pouvait le parcourir et reprendre le fil de la vie familiale. Ces journaux-albums font, encore aujourd'hui, office de vrais relais parents enfants et la joie de tous lorsqu’ils ressortent des placards ! Nos enfants devenus grands aiment les retrouver !


                Marion : Une fois qu'Alexandre est parti, nous repartons dans l’organisation "Papa pas là". Nous avons été en pause et le quotidien reprend vite le dessus. Demain, il y a école : un d’eux réalise qu’il devait faire un exposé sur la reproduction des grenouilles et l’autre vient de m’apprendre qu’il a besoin d’un pique-nique pour la sortie scolaire du lendemain !!!

                Je vais devoir gérer les urgences au mieux. Et toujours les mêmes questions : combien de dodos sans papas ? Il arrivera à quelle heure ce soir ? Il est loin son nouveau travail ?

                Les mêmes moments de manque : le bisou de papa au moment du coucher, et celui du matin avant de partir à l’école.

                Malgré tout, la semaine passe vite car je n’ai pas le temps de me poser. 

                La difficulté c’est la répétition de ces différents changements de rythmes avec des organisations totalement différentes, papa là, papa pas là. La séparation revient toutes les semaines. Et pourtant impossible de s’y habituer.

                 

                  Les retrouvailles en famille

                    Maiougui - lien familial - Photo des retrouvailles en famille

                     

                    Sophie: C’est un moment magique ! C’est indescriptible. Être de nouveau tous ensemble ! Avoir tellement de choses à se dire et à écouter ! Sentir cet amour entre chacun de nous est tellement précieux ! Un feu d’artifice émotionnel qui nous permet de renouer les liens familiaux!

                     

                    Camille :À l’approche du retour, j’attendais l’appel téléphonique salvateur m’indiquant la date exacte et l’heure du « grand jour »  !

                    Une fois que je connaissais ces informations, je préparais les enfants au retour de leur papa. Je les invitais à faire de beaux dessins pour décorer la maison. Ils rangeaient leurs chambres ou du moins ils essayaient ! Tous ensemble, nous déterminions le menu du dîner ainsi que le choix de la nappe etc… Le retour était une vraie fête !!! Et le jour « j », était un jour de grandes émotions ! Les enfants attendaient l’arrivée du bateau sur le quai et lorsqu’ils apercevaient leur papa, ils trépignaient ! A peine mon mari avait-il posé le pied à terre que les enfants l’encerclaient ! Les câlins pleuvaient ! J’observais la scène avec bonheur et m’y mêlais bien rapidement  !

                    Les retrouvailles sont des moments magiques ! Des moments intenses, hors du commun ! Un temps où l’on mesure le bonheur d’être juste réunis et où ce sentiment d'abandon nous paraît bien loin!



                      L'après retour : comment le conjoint se réinsère dans le quotidien familial ?


                        Sophie : Le retour à la maison est toujours différent ! Pour nous, ce sont des jours qui ont des saveurs particulières, on savoure chaque instant. En revanche chacun doit trouver sa place et ce n’est pas évident ! J’ai du mal à me reposer sur mon mari et mes enfants ont du mal à supporter la moindre réflexion de sa part ! Avec le temps, on a appris chacun à prendre son temps pour se retrouver ! On en parle tous ensemble. A chaque fois, on a l’impression de créer une autre dynamique ! On ne reprend pas la vie d’avant !  Et surtout j’ai l’impression qu’on en sort à chaque fois plus fort et que contrairement à beaucoup, on apprécie la routine!


                        Camille : Une fois les retrouvailles en famille passées, la vie de famille reprenait ses droits ! La reprise s’est souvent faite naturellement. Avant le départ, nous nous disions « À demain», alors le retour était ce lendemain …une continuité dans notre histoire familiale ! Ce retour à la normal était facilité par des jours de repos qui arrivaient vite après le retour. Un temps de pause qui permettait de reprendre doucement le fil. Mon mari retrouvait assez rapidement ses marques et nous étions bien heureux de reprendre ensemble le cours de notre vie de famille et la relation parent enfant n'était pas entachée. Nous avons toujours fait bien attention à cette période durant laquelle nous avons souvent pris le temps de nous retrouver avec nos enfants mais aussi à deux ! 

                        Et le conjoint qui part dans tout ça ? # Père absent

                         

                        Comment gérer ses déplacements professionnels loin de sa famille ?

                        Parce qu’il nous paraissait important d’avoir également le ressenti du conjoint qui est à l’origine de cette absence ponctuelle dans le foyer, Maiougui est allé à la rencontre de Guy qui a bien voulu nous partager son expérience personnelle.

                         

                        Quelle est votre situation familiale ?

                        Je m’appelle Guy, j’ai 55 ans, marié à Catherine et père de 5 enfants. Pendant 15 ans, j’ai occupé différents postes dans les Arts Graphiques, et lors de certaines missions, j’ai été amené à travailler loin du cocon familial. 

                         

                        Comment appréhender le départ professionnel ?

                        J’ai donc été plusieurs fois, lors de mes expériences professionnelles, confronté à l’éloignement. Cette période a été compliquée à vivre dans le sens où le fait d’avoir toujours plus de responsabilités a engendré des absences ponctuelles à répétition loin de ma famille. Toutes les semaines, je faisais donc face au dilemme entre privilégier mon ambition professionnelle et rester au côté des miens.

                        Dès le dimanche midi, mon esprit était occupé à regarder l’horloge, parce que je savais qu’il ne me restait plus que quelques heures pour profiter de Catherine et des enfants. Moments perdus à cause de l’angoisse du départ et de l’éloignement jusqu’au vendredi soir suivant. Il faut préparer sa valise, ne rien oublier, que les chemises soient bien pliées… Impossible de profiter de ces derniers moments, j’avais l’impression chaque semaine de créer une rupture des liens familiaux. Pourtant, il ne faut rien laisser transparaître et profiter des rires et plaisanteries à table, s’imprégner de cette ambiance qui va tant manquer par la suite.

                         

                        Le café sonne le glas du départ.

                         

                        Maiougui - absence ponctuelle - Photo d'un père qui embrasse sa fille avant de partir

                        Le moment tant redouté, j’ai l’impression d’être le stéréotype du père absent qu’on voit dans les films. Le dernier bisou du week-end pour chaque enfant, regarder leur visage, photographier leurs sourires. Pour Catherine, c’est le moment du dernier câlin avec un arrière goût de sentiment d’abandon. Il faut mettre la valise de la semaine dans le coffre de la voiture, mettre la clé de contact, démarrer le moteur, chaque mouvement se fait au ralenti. Sur la route vers mon logement de fonction, les heures de trajet passent avec les bons souvenirs du week-end passé, et puis de temps en temps, la tristesse prend le dessus.

                         

                        Comment s'organiser pendant l'absence ?

                         

                        Maiougui - lien familial - Homme qui mange seul dans un restaurant

                        Pendant la semaine, l’esprit est occupé au travail. Les journées sont longues, occupées à gérer les soucis quotidiens liés à mon nouveau poste à responsabilités. Le soir arrive, et il est temps de penser au repas. Il faut aller faire les courses au supermarché, et réfléchir à ce que l’on va manger. La soirée sera longue, seul devant son assiette. Mais avant, il y a l’appel à Catherine pour prendre des nouvelles des enfants, c’était mon seul moyen d’entretenir le lien familial

                        Que s’est-il passé ? 

                        Les enfants ont-ils rencontré des difficultés ? 

                        Sera-t-il possible d’avoir chacun d’entre eux pour échanger un petit mot ?

                        Les enfants sont souvent déjà couchés. L’échange est court et nous pensons que cette période d’éloignement est longue et difficile à vivre. Vivement la fin de la semaine pour les retrouvailles en famille.

                        Les jours passent et le vendredi soir arrive. Il est temps de retrouver le chemin de la maison. Heureusement, j’ai préparé ma valise la veille pour gagner du temps et éviter de repasser à l’appartement. Je fais un dernier tour d’horizon auprès de mes collaborateurs et je peux enfin prendre la route du retour. Les heures passent, et je suis impatient de retrouver les miens. Ce trajet me paraît d'une longueur interminable mais me permet malgré tout de faire la coupure avec cette semaine professionnelle, et de préparer le retour à la vie familiale

                         

                        Comment se passe les retrouvailles en famille ?

                        Malheureusement, j’arriverai trop tard pour prendre les enfants dans les bras. Catherine m’attend pour m’accueillir. Nous échangeons à nouveau sur les événements de la semaine autour du bon dîner qu’elle a préparé pour mon retour.

                        Le samedi matin sonne l’heure du petit-déjeuner tous ensemble. Le bonheur retrouvé, vite, profitons de tous ces bons moments pour renouer les liens familiaux… Les enfants m’enlacent et sont très heureux de me retrouver. Chacun y va de son petit mot. Les cris, les rires, les blagues fusent.

                        Je sais que les prochaines 24 heures vont passer très vite et qu’il faut profiter de chaque instant. Parce que dès dimanche matin, la même horloge qui trône dans la cuisine va polluer mon esprit…

                          

                        Nous espérons que vous avez apprécié lire ces témoignages et qu'ils vous ont délivré de précieux conseils afin d'entretenir le lien familial pendant ce moment si particulier qu'est l'absence professionnelle d'un parent.

                        Retrouvez également dans notre box " Papa ou Maman part en déplacement professionnel " destinée à l’enfant et aux parents qui grâce à une multitude d’outils, vous permettra d'appréhender une absence ponctuelle avec sérénité.

                        Découvrez notre box à thème sur l'absence